Comment reconnaître une faïence de Delft ?

faience de delft

Pour reconnaître une vraie faïence de Delft, tu dois checker trois trucs : la marque au dos, cette couleur bleu cobalt si particulière, et l’émail blanc laiteux typique. Le reste, ce sont des indices supplémentaires.

L’an dernier, j’ai repeint ma salle à manger en bleu ciel et je vous avais partagé mes astuces face aux différentes galères que j’avais rencontré.

Pour la déco, je voulais quelques pièces de faïence bleue et blanche. Direction la brocante du coin ! Le vendeur me sort une assiette magnifique : « C’est du Delft, ma petite dame, authentique XVIIIe ! » Vendue. Sauf qu’en rentrant chez moi et en regardant mieux… Made in England, années 80. Bon, elle est jolie quand même, elle est restée. Mais depuis, je sais exactement ce qu’il faut regarder.

Ce fameux bleu qui ne trompe pas

Alors là, c’est ce qui m’a piégée en premier.

Le bleu de Delft, c’est pas n’importe quel bleu.

C’est un bleu cobalt légèrement grisé, jamais fluo, jamais trop intense.

Quand tu mets une vraie pièce à côté d’une copie moderne, tu vois direct la différence. Les reproductions ont un bleu presque électrique, trop propre.

Sur les anciennes pièces du XVIIe ou XVIIIe siècle, ce bleu peut même tirer vers le violet avec le temps. Ma voisine a un vase qui vient de sa grand-mère, et franchement, sous certaines lumières, on jurerait voir du mauve dedans.

L’autre truc cool : sur les vraies faïences, le pigment au cobalt pénètre dans l’émail pendant la cuisson. Du coup, si tu passes ton doigt sur les motifs peints, tu sens un léger relief. Sur les copies, tout est plat comme une crêpe.

decoration faience de delft

L’émail, ce n’est pas de la porcelaine

Ça aussi, ça a failli me piéger.

L’émail des pièces de Delft a une texture blanc laiteux, un peu crémeuse, jamais brillante comme de la porcelaine.

C’est de la faïence, donc forcément plus mat. Si tu regardes de près, tu vois plein de micro-irrégularités.

Retourne la pièce. Au dos, l’émail n’est jamais parfaitement uniforme sur les productions anciennes. Tu remarques des zones où il s’est accumulé, d’autres où il est plus fin. Les reproductions ? Trop parfaites, trop lisses, trop régulières.

Un truc que je fais systématiquement maintenant : je regarde la tranche. Sur les originales, l’émail déborde un peu et forme comme des micro-gouttes figées. Ça, c’est la signature d’une application à la main.

Les marques, ton meilleur indicateur

Bon, là j’aurais pu éviter ma bourde de brocante si j’avais été moins pressée ! Les manufactures de Delft signaient leurs productions.

Les plus connues ? De Porceleyne Fles (qui existe toujours d’ailleurs), De Drie Klokken (les trois cloches), De Metaale Pot (le pot de métal).

Ces marques sont peintes sous l’émail, à la main. Mais attention, les faussaires copient aussi ces symboles ! La différence ? Sur les vraies, la marque a des petites irrégularités dans le trait, c’est fait main. Sur les fausses, c’est trop net, presque imprimé.

Les pièces faites après 1876 ont souvent le mot « Delft » ou « Holland » écrit quelque part. Avant 1800, par contre, tu ne trouveras qu’un symbole, sans texte. Histoire de ne pas te faire avoir comme moi.

Le poids, ça compte

Prends la pièce dans tes mains. Une vraie faïence de Delft, c’est relativement lourd et épais. Les reproductions en porcelaine sont beaucoup plus légères. Quand je tape doucement avec mon ongle dessus, j’obtiens un son mat, sourd. Une copie moderne ou une porcelaine ? Ça sonne clair, presque cristallin.

Bon, ce test tout seul ne prouve rien. Mais combiné avec le reste, ça aide vraiment.

Les motifs racontent une histoire

Les scènes qu’on trouve le plus souvent ? Des paysages hollandais avec des moulins, des tulipes (forcément), des scènes bibliques et les fameuses chinoiseries. Au XVIIe siècle, les Hollandais étaient dingues de porcelaine et de vases chinois. Comme ils ne pouvaient pas en importer assez, ils ont créé leur propre version !

Le détail marrant ? Les artisans de Delft n’avaient jamais mis les pieds en Chine. Leurs « personnages asiatiques » ont des traits complètement fantaisistes. C’est mignon et ça aide à dater les pièces.

Fun fact : j’ai aussi des vases japonais chez moi, et la différence de style avec Delft est énorme. Les Japonais utilisent d’autres couleurs, d’autres motifs. Mais les deux se marient super bien dans une déco !

Les craquelures, signe du temps qui passe

Regarde l’émail de très près. Les pièces anciennes ont souvent un réseau de fines craquelures, comme une toile d’araignée microscopique. Normal : l’émail et la terre cuite en dessous vieillissent différemment, ça crée des tensions.

Sauf que les faussaires ont trouvé la parade. Ils reproduisent artificiellement ces craquelures. Comment les repérer ? Les vraies sont irrégulières et ont parfois accumulé de la crasse dans les fissures (tu vois un léger jaunissement). Les fausses sont trop régulières, trop propres.

Le prix, indicateur qui ne ment pas

Dans ma brocante, mon assiette coûtait 35 euros. Avec du recul, j’aurais dû tiquer. Une authentique faïence de Delft ancienne, même une petite pièce courante, ça se vend rarement en-dessous de 150-200 euros. Les grands vases ou plats décoratifs ? Plusieurs milliers d’euros facile.

Si tu tombes sur une « affaire du siècle » à 50 balles, pose-toi des questions. Soit c’est une repro honnêtement vendue, soit on essaie de t’enfumer.

Ma routine de vérification

Maintenant, quand je suis face à une potentielle pièce de Delft, je regarde :

  • Le bleu a-t-il ce côté grisé et légèrement en relief ?
  • L’émail est-il mat et laiteux ?
  • Y a-t-il une marque au dos que je reconnais ?
  • La pièce est-elle lourde ?
  • Les motifs montrent-ils des petits tremblés de peinture main ?
  • Le prix correspond-il à l’ancienneté annoncée ?

Si je coche au moins 4 cases sur 6, il y a des chances que ce soit authentique. Mais le mieux, franchement, c’est de demander l’avis d’un expert ou de comparer avec des pièces de musée en ligne.

Delft moderne, c’est bien aussi

Petite précision importante : De Porceleyne Fles fabrique encore des pièces magnifiques aujourd’hui. Elles sont marquées, datées, et c’est un bon investissement.

J’ai un petit vase de leur collection actuelle dans mon salon, il est splendide. Et au moins, personne ne me fera croire qu’il date du XVIIe siècle !

Les reproductions récentes vendues honnêtement comme telles, ça se respecte. Le souci, c’est les vendeurs qui essaient de faire passer du neuf pour de l’ancien.

Alors komenkonfait ?

Reconnaître une faïence de Delft, c’est surtout être attentif. Le bleu particulier, l’émail laiteux, les marques au dos, le poids… Tous ces indices ensemble te donnent la réponse. Et si tu as un doute ? Prends des photos (surtout du dos avec la marque) et demande à un expert avant de sortir ta carte bancaire.

Mon assiette anglaise des années 80 ? Elle est toujours dans ma cuisine. Elle n’est pas de Delft, mais elle me rappelle de toujours vérifier avant d’acheter. Et puis franchement, elle s’accorde parfaitement avec mon bleu ciel.

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