Je suis tombée sur un vase tout déglingué aux puces de Vanves à 5 euros. La dame m’a juré que c’était « du Vallauris authentique » avec un air mystérieux.
Spoiler : c’était effectivement du Vallauris, mais j’ai failli passer à côté parce que je cherchais des trucs trop compliqués.
Une VRAIE céramique Vallauris possède un tampon au dos qui doit mentionner « Vallauris » avec souvent le nom de l’atelier. Mais attention, ce n’est qu’un premier indice parmi d’autres.
Le tampon, c’est bien… mais ça ne suffit pas
Croire qu’un simple tampon « Vallauris » garantit l’authenticité est une erreur banale. J’ai HÈLAS appris à mes dépens qu’on trouve des faux tampons partout sur internet.
Un vendeur de brocante m’a même montré comment certains appliquent des tampons modernes sur de vieilles pièces quelconques.
Les tampons authentiques ont des particularités :
- Ils sont souvent légèrement irréguliers (tampons manuels d’époque)
- La police de caractères correspond aux années 1950-1970 pour les pièces vintage
- Le nom de l’atelier apparaît fréquemment : Madoura, Massier, Jean Derval…
Personnellement, j’ai une pièce signée « Arman » dans mon salon. Le tampon est presque effacé mais c’est justement ça qui m’a rassurée sur son authenticité.
Les couleurs qui ne mentent (presque) jamais
Vallauris, c’est avant tout une explosion de couleurs caractéristiques. Tu reconnais rapidement ces émaux brillants, parfois presque criards, typiques des années 50-60. Les verts émeraude, les jaunes moutarde, les oranges vifs, les bleus profonds…
Ce qui m’a toujours frappée : cette texture particulière de l’émail. Passe ton doigt dessus. Une vraie Vallauris a souvent des petites irrégularités dans la glaçure, des micro-bulles, des variations d’épaisseur. C’est fait main, ça se sent littéralement au toucher.
Les fausses pièces ont un émail trop lisse, trop uniforme. C’est comme la différence entre un gâteau industriel et celui de ta grand-mère. On le sent tout de suite.
Le poids et la matière racontent une histoire
Soulève la pièce. Une céramique Vallauris authentique a un poids conséquent. La terre jadis utilisée était dense, souvent rouge ou ocre sous l’émail. J’ai fait l’erreur une fois d’acheter une « Vallauris » qui pesait trois fois rien et bien sûr, il s’agissait d’une copie récente en céramique légère.
Regarde aussi le fond non émaillé. Tu dois voir cette terre caractéristique, parfois légèrement rugueuse. Sur mes pièces des années 60, cette terre a pris une patine particulière avec le temps, un peu comme si elle avait vécu.
Les formes typiques et les signatures d’artistes
Vallauris, c’est aussi des formes reconnaissables : les fameux vases double-anses, les plats à poisson stylisés, les cendriers haricot (oui, oui, c’était la mode !!), les vases bouteilles…
Attention, toutes les pièces Vallauris ne valent pas le même prix.
Une céramique signée Picasso (qui a travaillé à Vallauris à la Madoura) peut valoir des milliers d’euros ; alors qu’une production standard des années 70, entre 15 et 50 euros maximum. J’en ai une bonne dizaine chez moi que j’ai payées entre 5 et 30 euros pièce.
Je vous recommande de surveiller les signatures de Picasso bien sûr, mais aussi Jean Derval, Gilbert Valentin, Roger Capron, Robert Picault… Ces noms font NETTEMENT grimper la cote !
Les périodes de production font toute la différence
La production de Vallauris s’étale des années 1950 aux années 1980 principalement. Son âge d’or se situe dans les années 1950-1960. Les pièces de cette période ont ce côté organique, presque naïf, avec des décors géométriques ou floraux ultra-colorés.
Dans les années 70, la production est devenue plus industrielle. Les pièces restent sympas mais perdent ce petit grain de folie créative. Personnellement, je préfère les années 50-60, même si les pièces des années 70 s’intègrent super bien dans une déco vintage.
Ma grand-mère avait gardé trois vases Vallauris de son mariage en 1958. Cette patine du temps, ces micro-fêlures dans l’émail… impossible à reproduire. C’est ça aussi qui fait l’authenticité.

Les prix et les arnaques courantes
Soyons honnêtes : le marché Vallauris est rempli de pièces authentiques à prix doux. Une vraie Vallauris standard se trouve entre 10 et 60 euros. Si quelqu’un te demande 200 euros pour une pièce non signée par un artiste reconnu, méfie-toi.
Les arnaques classiques sont faites de reproductions modernes vendues comme vintage, les tampons ajoutés après coup, les « faux Picasso » (ehhh oui, ça existe vraiment).
J’ai failli me faire avoir une fois avec un soit-disant « Picasso » à 300 euros. Un expert m’a confirmé que c’était une reproduction des années 90.
Si vous voulez vraiment pas vous faire avoir, achetez d’abord chez des brocanteurs établis ou dans des vide-greniers où tu peux négocier. Puis, évitez les sites en ligne pour débuter, sauf si le vendeur a d’excellentes notes et fournit des photos détaillées du tampon et de la terre.
Fais confiance à ton instinct (et à tes mains)
Après avoir manipulé une dizaine de pièces Vallauris authentiques, tu développes un sixième sens. Cette texture particulière, ce poids, ces couleurs franches… ton cerveau enregistre ces détails.
Je conseille toujours d’aller dans les brocantes, toucher les pièces, de les retourner et de les sous-peser. Prends des photos des tampons pour créer ta propre base de données mentale.
Tu verras, au bout de quelques sorties, tu repères une Vallauris à trois mètres.
Et surtout, achète ce qui te plaît vraiment. Une céramique Vallauris, même si elle vaut 15 euros, apporte tellement de caractère à une déco. J’ai tapissé un mur entier de mon salon avec mes trouvailles. Les gens adorent.