Une signature sur un vase en porcelaine se voit lorsqu’on le retourne et l’examine dessous à la lumière naturelle. Les marques peuvent être peintes, gravées ou imprimées. Il s’agit de chercher des symboles, des chiffres ou des lettres qui indiquent le fabricant, la période de production et parfois même l’artiste.
Il y a une quinzaine de jours, je vous ai partagé comment lire une signature chinoise sur porcelaine, mais aujourd’hui, je me dois d’aller plus loin car j’ai déniché un sublime vase bleu chez Emmaüs pour seulement 3 euros ! En arrivant chez moi, j’ai retourné le vase et là… une signature illisible avec des symboles bizarres. J’ai passé deux heures à chercher, et devine quoi ? C’était une vraie pépite !
Où trouver la signature exactement ?
La plupart du temps, la signature se cache sous le vase. Mais attention, j’ai fait l’erreur de me contenter du fond ! Parfois, elle se trouve aussi sur le côté, près du col, ou même à l’intérieur du vase.
J’ai raté une belle identification parce que je n’avais regardé que le dessous d’un vase Gallé. La vraie signature était gravée sur 2 centimètres en bas du corps du vase. Depuis, je vérifie systématiquement tous les angles.
Les signatures peuvent prendre différentes formes :
- Un cachet rouge ou bleu (très fréquent sur la porcelaine asiatique)
- Des lettres entrelacées (typique des manufactures européennes)
- Un symbole seul comme une couronne, une ancre ou une épée
- Des chiffres qui indiquent l’année ou le numéro de série
- Une gravure à peine visible qu’il faut sentir du bout des doigts
Décrypter les symboles : mon système qui marche
Au début, je prenais en photo et je scrollais pendant des heures sur Google Images mais… Je tombais sur 50 faux positifs. Maintenant, j’ai une méthode plus efficace.
Première étape : identifier le type de marque. Les manufactures prestigieuses comme Sèvres utilisent souvent deux lettres entrelacées avec une date. Les porcelaines de Limoges affichent généralement le mot « France » en dessous de la marque. La porcelaine chinoise ancienne présente des caractères en rouge ou bleu dans un carré ou un cercle.
Mon erreur de débutante ? J’ai confondu pendant des mois une marque de Limoges avec du Sèvres. La différence ? Sèvres a toujours deux L entrelacés, tandis que Limoges mentionne explicitement la ville ou la région.
Les indices qui ne mentent jamais
Au-delà de la signature elle-même, certains détails te donnent des infos précieuses. La couleur de la marque, par exemple, révèle beaucoup. Une marque en or indique souvent une pièce de luxe, destinée à être vendue dans les boutiques chics. Une marque en vert signale généralement une production pour l’export.
Les chiffres aussi racontent une histoire. Un numéro à 3 ou 4 chiffres ? C’est probablement un numéro de moule ou de série. Chez certaines manufactures comme Rosenthal, ces numéros permettent de dater la pièce avec précision.
Regarde aussi la qualité de l’application de la marque. Une signature nette et précise ? Tu tiens probablement une pièce authentique. Si vous appercevez une marque floue ou mal centrée : Méfiance ! Les contrefaçons modernes bâclent souvent ce détail.
Les pièges à éviter absolument
J’ai acheté un « vase de Chine ancien » sur un vide-grenier il y a deux ans. 15 euros. La signature avait l’air authentique avec ses beaux caractères chinois. Sauf que… c’était du Made in China des années 2000. Le vendeur rigolait bien.
Le problème ? Les faussaires reproduisent les marques anciennes sur des pièces récentes.
Comment les repérer ?
La surcuisson de la marque est ton alliée. Sur une vraie pièce ancienne, la marque a vieilli avec le vase. Elle présente parfois des micro-craquelures, des variations de teinte. Sur une copie récente, elle a l’air flambant neuve alors que le reste du vase semble vieux.
Fais aussi attention aux marques « trop parfaites ». Les anciennes manufactures travaillaient à la main. Une petite irrégularité dans le tracé ? C’est bon signe. Une symétrie robotique ? Attention danger.

Mes ressources fiables pour identifier une marque
Pinterest et les forums aléatoires, c’est le meilleur moyen de s’embrouiller. Je privilégie maintenant des sources sérieuses. Les grandes maisons d’enchères comme Drouot publient régulièrement des catalogues avec photos des marques authentiques.
Pour la porcelaine française, le Musée national de la Céramique à Sèvres dispose d’archives extraordinaires. Tu peux même les contacter pour une expertise si tu penses tenir quelque chose de spécial.
Les manufactures elles-mêmes ont souvent un service d’archives. Bernardaud, par exemple, peut authentifier ses pièces anciennes gratuitement avec une simple photo de la marque. J’ai testé, ils sont réactifs et passionnés.
Le cas particulier de la porcelaine asiatique
Les marques chinoises me donnaient des sueurs froides. Six caractères dans un carré bleu, ça ressemble à du mystère absolu quand tu ne lis pas le chinois. Puis j’ai appris que ces caractères suivent un ordre précis : les deux premiers indiquent la dynastie, les deux du milieu le nom de l’empereur, et les deux derniers signifient « fait pendant le règne de ».
La marque Kangxi (1662-1722) reste une des plus copiées. L’originale présente des caractères avec des traits fins et épais bien distincts. Les copies modernes ont des traits uniformes, presque mécaniques.
Un truc qui m’a sauvée plusieurs fois ? Les marques apocryphes. Des manufactures du 19ème siècle apposaient volontairement de vieilles marques impériales pour montrer leur respect de la tradition. Ce n’est pas de la contrefaçon, c’est un hommage. La différence se voit à la qualité de la porcelaine et au style de décor.

Et quand vraiment tu sèches ?
Tu as retourné ton vase dans tous les sens, passé une loupe dessus, et tu ne comprends toujours rien ? Normal. Certaines marques restent mystérieuses même pour les experts.
Ma solution de secours : les groupes Facebook spécialisés en porcelaine ancienne. Oui, je sais, ça fait mamie, mais ces communautés regroupent des collectionneurs hyper calés qui identifient une marque en 10 minutes. Poste une photo nette, sous bonne lumière, et tu auras tes réponses.
Les antiquaires de quartier sont aussi de bonnes ressources. Même s’ils ne peuvent pas acheter ta pièce, beaucoup adorent partager leur expertise. J’en ai rencontré un qui m’a appris à différencier 15 manufactures de Limoges rien qu’au toucher de la glaçure.
Mon dernier conseil de chineuse
Garde des traces de tes découvertes. Je photographie maintenant chaque marque avec un petit carnet où je note la date d’achat, le prix et ce que j’ai découvert. Trois ans plus tard, ce carnet vaut de l’or. Il m’a permis de repérer des tendances, d’éviter de racheter deux fois la même chose, et surtout de progresser vite.
La lecture des signatures, c’est comme apprendre une nouvelle langue. Les premières sont incompréhensibles, puis ton œil s’éduque. Maintenant, je reconnais une marque de Limoges à trois mètres dans un vide-grenier.
Ne te décourage pas si tu ne comprends pas tout de suite. Même les experts consultent régulièrement leurs bouquins de référence. L’essentiel ? Prendre ton temps, bien observer, et ne jamais se fier uniquement à la signature. Un beau vase reste un beau vase, signature ou pas !